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 À mon fiancé

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Angelica Pavone

ღ Poupée de Porcelaine ღ

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MessageSujet: À mon fiancé   Dim 19 Juin - 22:46

Vers la fin mai,
Jardin du Palazzo Pavone

Cher Ludovico,

    Voilà quelque temps que je n'ai de vos nouvelles. Le printemps tire vers sa fin alors que les températures se rapprochent de l'été. On dit les jardins des Pavones les plus beau, mais on s'y perd si facilement en pensées. Pardonnez cet instant où je m'égare en quelques mots, alors que je devrais sans nul doute vous entretenir de sujet plus terre-à-terre concernant notre mariage futur, mais je me sens si perdue entre des murs si restreints, vivant un paradoxe.

    Peut-on se perdre entre 4 murs?

    Vous m'avez offert la liberté, permettez-moi de vous la demander également. Libérez-moi de ma prison de soie et de satin, où le temps ne s'écoule pas, où les rides du passés sont inévitablement dissoute à coût de sang...

    Libérez-moi de ma demeure..
.

Votre honorée fiancée,
Angelica
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Ludovico III Leone

ღ Il sua Altezza Femminiello

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MessageSujet: Re: À mon fiancé   Lun 20 Juin - 9:28

    Premier Jour de Juin,
    Vieux manoir de Belloso.
    Chère Angelica,

    Cher ange, encore un effort si vous voulez être libre. L'effort est fait, c'est de me ramener à la Valse de la Réalité. J'avais oublié votre présence absente, et votre idée dorée. Inconscient, inconstant même, je vous ai négligé. M'en voulez-vous?

    Des pierres qui vous roulent, roulent, et qui vous coulent sur les joues?

    L'on peut être, tendre amie, prisonnière de son propre corps, de son propre esprit. La prison peut être un dès à coudre, une coquille de noix ou une simple idée. Nous avons tous une prison, petit poussin dans une coquille: nous devons briser cette coquille de notre propre chef. Nous devons la détruire. Détruirez-vous, belle, douce, docile Angelica? Petit oiseau, si tu ne brises pas la coquille, tu mourras étouffé.

    Nous sommes prisonniers de nous-mêmes.

    Sans artifices.
    C'est comme ça.

    Je suis un Prince Dément, pas un Prince Charmant, vous vous en doutez. Je suis un jeune Lion encore enfant comparée à vous, une femme complète, une belle femme. J'ai réalisé que vous n'étiez pas une poupée. Mais je n'ai pas peur. Cependant je vous dois une explication: je me suis enfermé dans le vieux manoir qui appartient à ma famille, loin de Belmonte, pour travailler sur moi. Je voulais une ébauche de lucidité, je voulais grandir. Je n'ai vu absolument personne durant ces longs mois, peut-être trois, peut-être quatre, que deux visites, dont une mon frère Alvise pour m'apporter quelque chose.

    J'ai fais un portrait de vous que j'ai accroché dans mon salon.
    Je peux vous voir en peinture.

    Les choses dansent en fumée. Je vous dois la vérité la plus exacte et sincère: je vais venir vous chercher et vous emmener avec moi. Cependant, Signorina, je suis Dément, pas Charmant, et j'ai peur que vous nouvelle vie ne puisse pas vous rendre pleinement heureuse. Cherchez-vous la liberté, l'amour peut-être?

    Il y a dans mon cœur un homme qui prend de la place.
    Il ne me le rend pas mais cela pourrait vous rendre triste.
    Cependant, vous savez bien, les élans de l'âme ne se commandent guère.

    Ces choses-là ne se démodent pas, n'est-ce pas?

    Je voudrai être sincère avec vous. Mais je ferai de vous ma femme, si vous le désirez encore. Je veux que vous soyez libre et heureuse, loin de votre prison pour Paon. Loin du venin que le pressentait qu'on allait vous infuser dans votre famille. Loin d'un amour qui le voit pas le jour avec votre frère Selen: ne me demandez pas comment je suis au courant, il est des secrets qu'un fou même ne doit pas révéler.

    Ainsi, charmante muse, vous devez être libre: c'est ma seule obsession. Libre de corps et d'esprit. Que rien ni personne ne vous retienne, ainsi faites vos choix. Je vous veux libre, de choisir si vous voulez encore être ma femme ou si Charmant est plus indiqué que Dément. Je ne vous en voudrai pas, et si vous choisissez de rester ma moitié, peut-être mon tiers, je ne vous en voudrai point non plus. Je ne veux que votre liberté. Totale. Le reste n'est que poudre à papillon.

    Je suis votre très dévoué serviteur, même si pas tout dévoué.
    Excusez ma volubilité, ma démence, mes oublis.
    Ils sont involontaires.

    Qui peut le plus peut le minimum, pensez-y.

    Votre Prince Dément, pas toujours très Charmant,
    Ludovico Lucio Troisième du Nom.
    Leonem Mirabilis.

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Angelica Pavone

ღ Poupée de Porcelaine ღ

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MessageSujet: Re: À mon fiancé   Lun 20 Juin - 20:35

Palazzo Pavone
5 juin

    Cher Ludovico,

    Je serai bien bien ingrate de ne pas vous pardonner vos moments d'oublis ou de distance pour toute la bonté que vous avez pour moi.

    Vous vous dites points Charmant, mais Dément. Vous avez cependant l'esprit de vous en rendre compte et de me l'avouer, sans pudeur ni tromperie. Le charme est généralement trompeur sur le coeur de la personne.

    La peinture... Vous avez un talent magnifique et je suis heureuse d'avoir été une source d'inspiration.

    L'amour est une notion qui dans la réalité m'est inconnue. Si j'ai lu de nombreux récits, je sais fort bien que la vérité est loin d'être la même. Cependant, j'en sait suffisamment pour ne pas me tromper et ne pas vous en vouloir.

    Ne nous aimons pas, mais partageons un bout de chemin ensemble, partageons quelques instants, quelques soirées officielles ou quelques soupers intimes et permettons la liberté de l'autre. Vous aimez un homme? Je ne vois pas en quoi cela me chagrinerai autrement que de savoir qu'il ne vous le rend pas. Comme vous l'avez dit, les élans de l'âme ne se commandent pas.

    Nous ne serons peut-être pas le couple le plus uni de Belmonte, mais nous aurons le mérite d'être honnête entre nous. Mais je désire devenir votre femme respectueuse.

    On n'épouse pas le Charmant, on ne fait que s'égarer un peu quelque temps, au mieux quelques mois...


Votre, peut-être, tout aussi démente que vous, fiancée
Angelica
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Ludovico III Leone

ღ Il sua Altezza Femminiello

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MessageSujet: Re: À mon fiancé   Lun 20 Juin - 21:05

    Un jour, ou peut-être une nuit,
    Vieux manoir de Belloso.
    Chère Angelica,

    Votre esprit est digne et particulièrement bien troussé Angelica. Et votre cœur me plait. Il me fait chanter et souffler dans les airs des bulles de savon. Sachez cependant que vous ne me devez rien, même pas ma bonté: ce que je fais c'est pour vous. Tout pour vous, car vous m'avez réchauffé et vous avez pris soin de moi, au phare, alors que j'étais transi de froid et de peur. Et vous êtes forte, si forte... Serai-je à votre place, plus fort qu'une femme? Je ne pouvais pas vous abandonner au premier carrefour, et oublier une muse telle que vous. Seulement, parfois mes idées se noient et je plie sous le poids de cette moitié d'homme qu'on pense que je suis.

    Parait que c'est vrai, parait que j'invente.

    Le charme est la pire chose qui soit: elle engourdi l'esprit et ramolli le corps, à l'évidence, à l'envi. Le charme s'instille si facilement dans les esprit que je crois que c'est une maladie mentale. Mais je veux bien tenter de regarder en face et comprendre ce que cela signifie réellement: strictement rien. Oublions le charme, nous n'en avons pas besoin. Nous avons besoin que de bonté et de sincérité.

    Je n'attend pas de vous que vous me compreniez, mais seulement que vous soyez à votre aise, tranquille et heureuse. Je serai avec vous alors, sur cette route que je nous souhaite longue.

    Ma peinture cherchait une Muse: elle vous a reniflé.

    Il y a comme un canard dans mon café, je vous avouerai. Votre gentillesse m'honore: je n'en suis pas digne. Je vous protégerai, je vous affectionnerai, même si à la base je vous avoue que je n'ai guère de goût pour votre sexe. Je ne me suis cependant pas trompée: vous n'êtes pas dans le vent des guignols et vous serez ma femme parfaite. Je vous protégerai. Je vous sublimerai.

    Angelica, vous serez d'abord une princesse, puis je ferai de vous une reine.

    Je souhaite, tant que je vous écris de manière lucide, partager plus que d'ennuyeux diner à une table trop grande en votre compagnie. Je voudrai que nous sortions, que nous partagions nos passions, des peintures, des romans. Nos idées, vos joies, vos peurs. Je prendrai soin de vous, et vous veillerez sur ma santé mentale. Je vous veux épanouie. Pas juste là parce qu'il faut.

    Vous êtes Femme; pas Objet.

    Le cœur est un maître chanteur. On ne choisi pas toujours qui on aime, d'ailleurs c'est rarement le cas. Nous manquons de coffre et comptons surtout nos erreurs. Mais nous assumons rarement nos affections. J'ai aimé mon ancien mari, malgré tout ce que vous imaginez de lui et moi. Maintenant mon âme se tourne vers un autre homme, qui lui n'aime que les femmes. Mais cela ne me fait rien. C'est mon meilleur ami. Du moment que je peux le voir, la chose me va.

    Soyons alors ce couple qu'on enviera par sa complicité et sa sincérité. Vous saurez tout de moi, si vous parvenez à comprendre mes baragouinages de pauvre fou.

    Vous savez que je sais faire la cuisine.

    Je vous offre une partie de mon Cœur, dès à présent, et je serai votre mari attentif, quand je serai lucide. Pour les moment où je vous tromperai avec la Folie, je ne saurai vous dire.

    Je vous respecte plus que n'importe quelle femme.

    Votre Prince Dément, sage comme un mouton blanc.
    Ludovico Lucio Troisième du Nom.
    Leonem Mirabilis.

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Angelica Pavone

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MessageSujet: Re: À mon fiancé   Lun 20 Juin - 22:26

Nuit dans le jardin Pavone
    Cher Ludovico,

    Ce qui peut sembler une force peut parfois devenir une faiblesse. Mais puis-je être toujours forte pour vous. Je suis heureuse de voir que vous avez la même vision que moi sur le charme. Laissons les autres dans la tromperie et admirez de loin les masques invisibles de leur mensonge.

    Je n'attends pas autant d'adoration ni de votre part ni de celle des autres. Je veux simplement être auprès de vous, autant qu'il vous plaira et que je vous plairai. L'affection et la sexualité ceux deux choses fort différentes, et que si elles peuvent s'unir, elles peuvent être prise tout à fait séparer.

    Que vous vouliez partager vos moments avec moi m'enchante, et m'intéresse. Nous irons dans les musées, les jardins, partagerons nos goûts et nos envies. Je serai toujours présente pour vous, qu'importe votre état d'esprit. Puis-je parvenir à atténuer votre sentiment d'égarement lorsqu'il le faudra.

    L'amour a ses raisons que la raison ignore... Peut-être votre démence comprend davantage l'amour? On dit que la folie nait de l'amour... Qu'en pensez-vous, cher ami?


    Je serai alors curieuse de voir ce que vous me cuisinerez, tout comme je le suis de voir ce portrait que vous m'avez parlé dans votre lettre précédente. Je l'avoue, je suis parfois bien curieuse. Me le pardonnez-vous?

    Je tâcherais de cacher autant votre coeur de fou que j'ai eu celui de la lucidité. Qui sait ce que l'avenir réserve? Il me tarde déjà tant d'être auprès de vous, comme épouse et amie de votre esprit.

    Votre douce fiancée,
    Angelica

    P.-S. Je vous envoie quelques pots de peinture aux teintes miroitantes. J'ai profité des essais de mes teinturiers pour vous faire faire quelques peintures pour vos toiles. J'espère que les couleurs vous plairont...
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Ludovico III Leone

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MessageSujet: Re: À mon fiancé   Lun 20 Juin - 22:46

    Je ne sais plus quand,
    Je ne sais plus où.
    Chère Angelica,

    Laissons les armes pour le combat, le charme et la tromperie pour quand l'on en aura besoin: entre nous, cela ne ferait guère notre bonheur. Je pense que nous pouvons nous permettre d'être simples et francs, vous et moi, car nos esprits s'entremêlent si bien: vous me fécondez admirablement la tête, le savez-vous? Il doit être doux, d'être votre époux: il me tarde, à présent.

    Vous me voyez touché de votre désir d'être à mes côtés. J'en connais qui feraient mieux de s'aimer comme nous, nous qui nous aimons beaucoup. Même si ce n'est pas de l'amour, ou quelque chose comme ça: ça vaut de l'or. Et des os, et du verre, et de la terre. Cela vaut milles et une pattes de papillons.

    Nous irons, ma chère, nous irons. Nous profiterons. Il y a tant à voir sur cette pîle, et les autres. Mais le plus fascinant pour moi reste vous, votre esprit, la mer de vos sentiments, de vos goût. Ma précieuse amie. Pourquoi les Paons vous ont-ils tant négligée? Vous êtes mystérieuse et mesurée, sous votre apparente docilité: tout un monde de couleurs délicates à découvrir.Vous êtes un puzzle: je vais vous monopoliser en pièces et tout mettre en place. Et découvrir l'image qui est vous: qui êtes-vous, douce Angelica?

    Ce que j'en pense? L'amour est une folie: n'est folie qu'un sentiment qui ne connait que le Ça, sans le Moi ni le Surmoi. Une courte ou longue folie, à l'envi, à la tête. Mais vous savez, la Folie, c'est le berceau de toutes choses: elle donne naissance à la vie, la mort, l'amour, et tant de chose. La Folie, c'est l'Inspiration, c'est la Vie.

    La Vie, ma chère.

    Je vous montrerai votre portrait. Il est très coloré, j'espère que vous l'aimerez. Vous êtes toute excusée, car vous n'avez rien fais de mal. J'ai hâte de vous faire la cuisine. J'ai hâte de vous avoir à mes côtés.

    Saviez-vous que j'ai deux enfants? L'un, Michelangelo, a treize ans, c'est un garçonnet adorable que j'ai adopté car il m'a collé dans l'orphelinat que je visitais. L'autre est ma fille naturelle que j'ai eu avec une de vos cousine, Lunaria Shiral Pavone. Lucia n'a que deux ans mais elle est adorable. J'espère que vous aimez les enfants? Eux manquent cruellement d'une mère.

    Mais je ne vous pousse pas: restez aussi libre que vous le désirerez. Je mesure l'étendu de votre nature.

    L'avenir, comme la folie, réserve des choses à la fois connues et inimaginables.

    PS: vos couleurs sont merveilleuses. Elles se collent à la perfection sur certains sentiments que je n'avais jamais pu exprimer dans mes toiles. Je vous suis infiniment reconnaissant de ce présent et vous fais en échange parvenir une peinture de vous fais avec vos admirables teintures, pour que vous voyez combien vous et elles sont belles.

    Je suis votre grenouille et votre obligé.

    Votre fiancé, votre Prince,
    Ludovico Lucio Troisième du Nom.
    Leonem Mirabilis.

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Angelica Pavone

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MessageSujet: Re: À mon fiancé   Mar 21 Juin - 5:23

    Cher Ludovico,

    Je serai votre muse de tout instant, inspirant vos oeuvres tout autant que votre esprit. Amour, passion, amitié ou affection, ce ne sont toujours que des mots pour tenter de définir une émotion, un sentiment. Pourtant, il y a tant de choses qu'il est impossible de décrire parfaitement. Notre relation l'est donc tout autant. Cessons de trouver un mot pour décrire ce qu'il en est et qui sait si en ne cherchant pas, nous trouverons le bon terme pour le décrire.

    Vos mots me font si sourires. Je les garde précieusement en attendant de vous revoir. J'espère que vous allez bien dans votre manoir d'ermite.

    Je n'ai jamais voyagé au-delà de la ville même de Belmonte. Combien de choses ai-je pu manquer au-delà de ces murs? Mais vous me montrerez et m'apprendrez, n'est-ce pas?

    Ne parlez point de ma famille. Chacun a eu ses raisons et ses torts, je ne leur en veux point. Ne suis-je pas autant coupable qu'eux de n'avoir rien fait jusqu'à présent pour sortir de ma coquille?

    Je connaissais la présence de votre fille, mais j'ignorais l'adoption que vous fîtes. Si je n'ai jamais eu la garde d'enfant ou même leur présence auprès de moi, je ressens ce que toute femme peut ressentir à un moment de leur vie : le besoin maternel. J'espère qu'ils m'apprécieront autant que vous.

    Je suis heureuse que les teintes vous plaisent. Le portrait est tout simplement magnifique. Je l'ai accroché toute au dessus de mon bureau. Je passe des heures à observer les fins détails de vos coups de pinceau. Vous êtes un véritable artiste.

    Tous mes respects, prince Grenouille,

    Votre affectueuse fiancée,
    Angelica
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Ludovico III Leone

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MessageSujet: Re: À mon fiancé   Mar 21 Juin - 5:46

    Maintenant,
    Ici.
    Chère Angelica,

    Tenter de comprendre le domaine du sentiment est un excitant jeu d'invalides, mais n'est-il pas dans la nature humaine de chercher à comprendre tout ce qui la concerne, même si c'est vain? Beaucoup de choses en l'Humain est vain, mais c'est surement ce qui le rend attractif, vous ne trouvez pas? Les mots ne savent rien dire mais ils veulent tout personnifier; nous les avons inventé à notre image. Surement sont-ils fallacieux: à notre image.

    Mes mots vont à vous. Prenez soin d'eux et ils vous le rendront au centuple.

    Je vais bien, parfois je vais mal, mais je vais. Il n'est pas si facile de se couper de ses pairs un aussi long moment. De là où je vous écris, je suis dans mon lit et nous sommes un matin quelconque. Les rayons du soleil m'ont réveillé en me brûlant le dos. Ma fille dort encore dans son lit à côté, et les oiseaux entonnent une mélodie à présent familière. Ainsi cela va: je suis bien.

    Excusez-moi si j'ai manqué de tact envers votre famille: je suis parfois un peu du genre insolent. Il y a surement de la faute de tout un chacun dans votre ancienne douleur. J'ai été moi-même séquestré par mon ancien époux, maintenu captif dans mes appartements durant toute la durée de notre mariage: j'ai détesté et adoré ma condition. Parfois je pleurai de cet enfermement, je roulai au sol de longues heures durant en regardant au dehors. Parfois cela me faisait jouir et j'aimais à être maintenu ainsi, infantilisé de la sorte. Alors, dans cette idée, j'ai cru me reconnaitre à moitié dans votre solitude. N'y voyez rien de spécial contre les Paons. Ma première épouse était une Pavone et mon âme l'a chéri plus que l'amour même.

    Lucia et Michelangelo, à m'en point douter, sont des enfants sages: ils sauront voir votre douceur et bonté naturelle. Je pense qu'ils ne demandent rien de plus qu'à avoir une mère telle que vous. Je sais qu'ils vous aimerons, en prenant leur temps. Surtout Michelangelo; vous connaissez certains enfants qui érige leur père en étrange complexe d’Œdipe masculin. Cependant cela ira.

    J'ai pris beaucoup de plaisir à vous peindre et suis ravi que mon portrait vous plaise. Prenez donc plaisir à le regarder, il est ce que je pense de vous.

    Oui, cher ange, je suis un artiste avant que d'être un homme.
    C'est dans ma nature.


    Votre fiancé, votre Prince,
    Ludovico Lucio Troisième du Nom.
    Leonem Mirabilis.

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