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 A l'attention de Vincenzo Leone.

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Raffaela S. Serpente

Principessa persa tra Vizio e Virtù

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MessageSujet: A l'attention de Vincenzo Leone.   Mar 21 Juin - 9:26

    Le 3 Juin, fait à Murano.
    Cher Vincenzo, cher ami,

    Cela fait un moment maintenant que je n'ai pas eu de nouvelle de vous; depuis que nous avons été pris au piège dans le Palazzo Serpente, je crois bien. Ne voyez pas en ce courrier une agression ou une impatience: je m'inquiète seulement de votre personne, ne vous ayant ni revu, ni rejoins depuis.

    Je tenais, sincèrement, à faire à votre adresse deux choses:
    Vous remercier et m'excuser, dans les deux cas du fond du cœur.

    Vous savez sauvé ma vie. Je serai probablement morte brûlée vive si vous n'aviez pas étouffé les flammes. Je vous dois énormément, et surement plus encore. Sachez que je n'oublierai jamais votre geste, et que je suis votre éternelle amie. Certes mon cousin Francesco nous a extirpé des flammes ensembles, mais distingue les actions. Merci à lui, et merci à vous. Vraiment.

    Et je dois m'excuser également: je suis une sotte. Je me dis que ce que je vous ai dis sous le coup du désespoir, ne voulant pas mourir avec le regret de ne pas vous avoir confessé mes plus tendres sentiments, je n'aurai pas du vous le dire, par respect pour vous. Je me suis montrée puérile et égoïste, veuillez me pardonner. Est-ce la raison de votre silence à mon égard? Si c'est cela, j'aurai préféré ne jamais ressentir ce que je ressens pour vous; plutôt que de vous perdre. Car aussi vrai que mes sentiments -je ne peux vous le cacher- sont véritables, votre présence et votre amitié sont encore plus précieuse.

    Ne m'en veuillez pas de vous aimer: je me suis mise moi-même au pied du mur. Je n'avais aucune intention de vous révéler cela, je vous assure. Je suis tellement désolée de vous avoir infligé cela. Que pourrai-je faire pour que vous reveniez, mon ami?

    Vous êtes le seul ami que je n'ai jamais eu. Le seul. Le seul qui a cru en moi et qui m'a poussée, qui a accepté de me parler sur le ton de la confession. Je ne veux pas perdre votre présence, et même si cela exige que je refoule et contrôle mes sentiments, je le ferai. J'imagine qu'en tant qu'adulte, je peux très bien prendre sur moi, en toute sincérité, pour que notre amitié reste comme avant. Je vous promet que cela ne changera rien. Vraiment rien. Croyez-moi.

    Si vous saviez combien la question me tourmente...
    J'aimerai croire que je ne vous ai rien dit, ce jour-là.

    Que le Seigneur vous garde en ses mains,
    Votre amie maladroite,
    Raffaela Sergia Serpente.

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Vincenzo Leone

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MessageSujet: Re: A l'attention de Vincenzo Leone.   Mar 21 Juin - 12:57

    Le 6 juin, à Belmonte



    Chère Raffaela,


    Je suis sincèrement désolé de ne pas avoir donné de nouvelles depuis cet effroyable incident au Palazzo Serpente. A vrai dire, j’ai eu beaucoup à penser, à faire. Je n’ai pas eu le temps de vous écrire une lettre, bien que l’envie était bien présente. On m’a fait part que vous alliez bien, si ce n’est les nouvelles brûlures que vous allez arborer. J’en suis heureux.

    Vous n’avez pas à me remercier, car je sais que vous auriez fait pareil. Je ne mérite pas une telle gratitude, vraiment pas. Et vous n’avez pas à vous excuser. Ce serait plutôt à moi de m’excuser pour ce long silence de ma part. Et aussi de mon indélicatesse, de mon inconséquence quand je vous ai arraché votre haut. Mais soyez rassurée, je n’ai rien regardé, du moins pas intentionnellement. Je comprends maintenant pourquoi vous ne vouliez pas porter cette robe rouge, la dernière fois…

    Sachez que je ne vous en veux point. A vrai dire, ma surprise était telle que je n’étais même pas sûr d’avoir bien entendu. C’est pourquoi je n’ai pas cherché à vous écrire aussi… Je ne savais que dire. Avais-je bien entendu, ou bien était-ce mon esprit qui me jouait des tours ? Je ne voulais pas vous mettre mal à l’aise, et c’est pourquoi je n’ai rien dit. Je ne suis pas l’homme le plus doué par rapport aux sentiments. A vrai dire, on pourrait même dire que je suis un maladroit des sentiments. Je n’y comprends rien. Je ne comprends pas le mot Amour. Il m’est étranger. Je ne comprends que l’amour maternel, celui qui perdure, celui qui est invincible.

    Je ne crois pas en l’amour.

    Veuillez m’excuser si vous trouvez mes mots un peu durs. Ils ne sont pas exprimés à votre égard, mais pour moi-même. Raffaela, vous ne me connaissez pas vraiment. Je ne vous ai laissé entrevoir qu’une partie de la noirceur de mon âme, et je crains que vous ayez une vision embellie de moi. Je ne suis qu’un pauvre homme tombé dans le vice, qui évolue dans le vice. Je ne suis pas un parfait gentleman, je connais simplement mes règles de bienséance.

    Mais vous êtes à mes yeux une amie très chère, une amie que je désire protéger, que j’aime faire sourire, rire. C’est pour moi un sentiment nouveau également. J’ai l’impression que tout change autour de moi, et je change également, petit à petit. Mon esprit embrumé s’éclaircit, et je découvre des choses que je ne croyais pas possible auparavant. Vous avez ouvert cette voie-là, Raffaela, et je vous en serai éternellement reconnaissant. Ne doutez pas de moi, ne doutez pas de mes bons sentiments à votre égard. Cependant, je ne sais si je saurais retourner cet amour que vous éprouvez pour moi. Je ne sais si j’en suis capable. Je suis flatté qu’une femme telle que vous puisse être tombé amoureuse de moi, vraiment. Mais je ne peux qu’être égoïste, et vouloir vous conserver comme étant la bonne amie que vous êtes à mes yeux. Vous avez une place spéciale dans mon cœur, le savez-vous ? Cependant, je ne sais si cela pourrait se transformer en amour…

    Veuillez me pardonner, vraiment. Je souhaite également de tout cœur pouvoir continuer à converser avec vous, mais je ne souhaite pas être cruel. Je ne veux pas que vous souffriez en devant réfréner vos sentiments pour moi…


    Votre obligé et bon ami,
    Vincenzo Leone.

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Raffaela S. Serpente

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MessageSujet: Re: A l'attention de Vincenzo Leone.   Mar 21 Juin - 13:44

    Le 9 Juin, fait au Palazzo Serpente.
    Cher Vincenzo,

    Excusez alors mon impatience, j'ignorai que vous aviez quelques menues choses qui vous débordaient tant. Ce n'est rien, ne vous excusez pas; nous avons tous une vie bien chargée, surtout en ce moment. Pour tout vous dire, je vais mieux, mais ma brûlure à l'avant-bras m'a apporté des complications et j'ai du faire appel à un chirurgien Pavone. pour une greffe de peau. Mais cela va. Je suis en vie grâce à vous et mon cousin.

    J'aurai fais pareil, et au nom de notre amitié, s'il avait fallut, j'aurai donné ma vie contre la votre. Mais je n'ai su qu'être un poids et une faible femme. Je regrette mon inutilité. Ainsi ne vous excusez pas, vous êtes tout pardonné. C'est délicat de votre part de ne pas avoir laissé trainer votre attention sur ce que vous auriez pu voir; cependant vous n'aviez pas le choix de ce geste qui me fut, ma foi, salutaire. C'est la première fois que je remercie un homme d'avoir arraché mon chemisier. Effectivement, j'ai trop de brûlures et de profondes entailles pour songer à mettre mon cors en avant, cela explique en effet mon refus de porter la robe pourtant de bon goût que vous m'aviez choisi la première fois que nous nous sommes rencontrés, vous et moi.

    L'amour est surement une chose difficile à comprendre et maitriser. Pour tout vous dire, je songe que seule l'amour d'une mère est constant, à quelques exceptions près. Je vous crois lorsque vous dites que vous ne connaissez pas l'Amour: c'est juste regrettable. Je vous souhaite de le connaitre un jour.

    Des gens y croient, d'autres n'y croient plus. Je ne connais que l'amour à sens unique.

    Lorsque je vous ai rencontré, cela a changé quelque chose en moi. Définitivement. Je ne saurai vous dire ce que c'est, mais j'ai eu un ami, j'ai compris qu'on pouvait vouloir partager du temps avec moi. Surement est-ce ma faute: vous m'avez touchée et j'en ai voulu plus. Mais je connais ma place, rassurez-vous. Vincenzo, mon ami, je n'ai aucune vision de vous, car je ne vous connais pas assez. Ce que j'ai vu a suffit pour me décider à être proche de vous. A-t-on besoin de beaucoup pour apprécier? Je ne crois pas. Et vos ténèbres, et vos vices, je ne les connais pas. Mais nous avons tous une part qui tiens plus à la queue du Diable qu'aux louanges du Christ. Moi-même, vous ne me connaissez pas. N'oubliez pas que je suis une Serpente, et que je suis née avec un Vice Dévorant.Un Vice que personne, même pas Francesco, même pas mes parents ne connaissaient. Même pas mon propre frère. Personne. Le jour où je vous ai rencontré, je me morfondait sur des actes dictés par mon Vice, que je regretterait toute ma vie. Et le Seigneur ne peut rien pour moi.

    Je connais le Vice, Vincenzo, et les bassesses du monde interlope, de la frustration, de la colère et de la saleté. Alors je comprend: mais qu'est-ce qui nous rend digne des autres?

    Vous avez ouvert en moi la même voie que la votre, peut-être était-je seulement trop empressée dans mes transports. Ou peut-être que je vous relativise tout cela pour vous rassurer. Je ne sais pas. La seule chose que je sais, c'est que je vous protégerai aussi. Et que vous êtes mon meilleur ami. Comptez avec mes sentiments les meilleurs et les plus sincères à votre égards. peu importe le vice qui vous étreint. S'il est sombre comme le mien, je ne puis que ne pas m'en formaliser. S'il l'est moins, je n'ai même pas à y penser. Je pense qu'il est impossible qu'il le soit plus. Vous avez également une place particulière, en dehors bien sûr de ce que je vous ai dit durant l'incendie. Je sais faire les choses en silence, aussi je ne vous dérangerai pas avec cette histoire. Vous avez assez de soucis. Mais me voilà à moitié rassurée, au moins.

    Ne nous en voulons pas pour cela.
    Vous n'êtes pas cruel: vous le seriez en refusant de me parler, et si c'était le cas, j'ignore ce que je deviendrai. Je supporterai mieux votre présence amie que votre absence qui me serait totalement intolérable.

    Je vous aime profondément, mais sans succès. Mais dans sa bonté, le Seigneur m'a refusé un amour, mais m'a laissé un ami.

    Que le Seigneur vous garde en ses mains,
    Votre amie de maintenant et de demain,
    Raffaela Sergia Serpente.

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MessageSujet: Re: A l'attention de Vincenzo Leone.   Mar 21 Juin - 14:41

    Le 11 juin, à Belmonte



    Chère Raffaela,

    Vous auriez dû me prévenir, je connais un excellent chirurgien Pavone qui vous aurait soigné. Cependant, je ne doute pas que la personne que vous ayez choisie ait également fait un excellent travail.

    Vous n’êtes pas inutile, Raffaela. C’est bien moi l’homme le plus inutile d’entre tous. Depuis mon enfance, on dit que je suis un garçon chétif. Ils n’ont pas tort. Je n’ai pas le talent de Luca pour manier l’épée, et je ne saurais me battre à mains nues. Je me repose toujours sur les autres. Je ne fais que boire du thé et mener une vie oisive et futile. Ne vous méprenez pas, Raffaela. C’est bien votre cousin qui vous a sauvé. Il nous a sauvé, vous et moi.

    Je ne comprends pas l’amour, et je crains ne jamais le comprendre. Je vais vous révéler un secret, moi aussi. Aussi sûr que les Serpentes sont dévorés par un vice, les Leones, eux, sont tous atteints d’une maladie. Une maladie mentale, je dois dire. Et pour ma part, je crains souffrir d’érotomanie. N’est-ce pas là risible, vraiment ? Pour un homme comme moi qui ne sait pas aimer, je suis persuadé que la terre entière m’aime ! Je ne m’en rends pas toujours compte, et même là, en vous écrivant, je n’y crois qu’à moitié. Mais on me l’a souvent répété, et je crains que tout cela ne soit vrai. Je ne vous demanderai pas la nature de votre Vice, qui semble être quelque chose de secret. Je respecterai ce silence. Mais sachez que je vous respecterai toujours et vous apprécierai toujours, quoi qu’il en soit.

    N’ayez pas peur, Raffaela. N’ayez pas peur de ce Vice, n’ayez pas peur de votre don, de votre Regard Fascinant. Au contraire ! Utilisez-les, armez-vous avec ! C’est ainsi que j’ai appris à vivre. J’ai forgé un mur, une forteresse grâce à ma conduite immorale. Je suis paré contre les attaques, contre les piques de mes ennemis. Je ne crains point le regard ou le jugement des autres. Et en cela, je me félicite. C’est ma seule façon de vivre, de survivre.

    Je suis si désolé, Raffaela, désolé de ne pouvoir retourner ces sentiments à votre égard. N’essayez pas d’être plus charitable que vous ne pouvez l’être. Je comprendrai si vous souhaitiez mettre une distance entre nous, pendant un certain temps…


    Votre tendre ami
    Vincenzo Leone.






Dernière édition par Vincenzo Leone le Ven 24 Juin - 7:38, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: A l'attention de Vincenzo Leone.   Mar 21 Juin - 15:13

    Le 12 Juin, fait au Palazzo Serpente
    Cher Vincenzo,

    Personne n'est utile ou inutile, finalement. Nous sommes bien enfants de nous chercher une utilité. Et chacun de nous mène la vie qu'il a à mener, que ce soit par les Grâces de Dieu ou les largesses de l'Ennemi. Ne minimisez pas vos actions: sans vous, je serai morte sur le coup. Francesco n'aurait pas pu éteindre le feu. Rendez-vous compte de votre secours. Sérieusement.

    Pour tous vous dire, je suis proche par bien des relations de votre famille, et je connaissais son défaut depuis l'enfance. Ma mère avait une liaison avec une femme Leone qui souffrait d'afflictions aussi grande que la dépendance de Mère aux opiacées. Ainsi vous souffrez d'érotomanie? Je pense que la moitié des gens que vous imaginer vous aimer sont attirés par vous; car -excusez l'impolitesse- vous êtes très attirant. Pour beaucoup de gens, vous avez beaucoup de charme. C'est peut-être même votre force.

    Vincenzo, je ne peux accepter mon Vice, tout comme mes pouvoirs. Car mon Vice n'est pas anodin, il est criminel. Il est dangereux pour moi comme pour les autres et croyez-moi ou non, il est si puissant chez moi que j'en suis presque au point d'avoir la puissance de la Tête de notre famille, en Dominio. ce Vice est mon Monstre. Il fait de moi un être abject et je ne dois surtout pas l'accepter. Surtout pas. Il ne m'apporte rien de bon. Sachez: je ne refoule pas mon Vice car je suis éprise de religion, mais je suis éprise de religion pour refouler mon Vice. Ce n'est pas tout à fait pareil.

    Ma façon de survivre, tant que je le peux, est de ne pas sombrer dans cette noire folie. Vous n'imaginez même pas à quel point ce Vice est sale. Sans fausse pudeur, vous seriez choqué si vous saviez. Même vous. Je ne veux pas qu'on le découvre, et pas m'en servir. Je n'en veux pas.

    Vous m'en voyez tout aussi désolée. Sachez cependant que ce que j'ai dis, je n'aurai pas eu la force de vous les dire à l'imparfait. Mais ne soyez pas désolé, car les sentiments ne se commandent pas. Ni par Maestà, ni par Dominio, mais il m'est d'avis que vous le savez. Ne vous méprenez cependant pas: c'est aussi par égoïsme que je refuse de m'éloigner de vous ou de vous laisser vous éloigner de moi. Je ne suis qu'une femme, après tout.

    Et après? En théorie, j'imagine, en pratique, je ne sais pas. J'ignore si je dois complètement me résigner ou espérer encore follement mais je crois qu'en adulte, il faut que je fasse mon deuil. Et sachez qu'en deuil, je suis très douée (excusez mon cynisme). Alors ne vous en faites pas: si vous voulez de la distance, je vous en laisse, mais ne m'abandonnez pas en amitié. C'est tout ce que je vous demande: si vous n'étiez plus là, ma vie serait un désastre.

    PS: mon grand frère Giovanni est sorti de prison, je crois qu'il m'en veux pour une raison que je ne comprend pas. Si jamais, évitez cet homme, je vous en conjure.

    Que le Seigneur vous garde en ses mains,
    Votre amie,
    Raffaela Sergia Serpente.

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MessageSujet: Re: A l'attention de Vincenzo Leone.   Ven 24 Juin - 7:38

    Le 13 juin, à Belmonte



    Chère Raffaela,


    J’ignore votre Vice, et je ne peux vous juger dans l’ignorance. De plus, je n’oserai jamais vous juger, vous qui êtes une si bonne amie pour moi. Vous n’êtes pas un être abject à mes yeux, loin de là. Au contraire, bien au contraire. Est-ce là la raison de votre manque de confiance ? Est-ce là la raison pour laquelle vous avez du mal à approcher les gens ? Craignez-vous tant votre Vice, au point de vous enfermer dans ce grand manoir, loin de tout, et loin de tous ? J’aimerai vous aider, Raffaela. J’aimerai vous aider à sortir de ces ténèbres qui semblent s’être emparés de vous. Je n’avais jusque-là pas la moindre idée des souffrances que vous subissiez, de par vos origines, de par votre famille. J’aimerai vous délester de ce poids, tout comme vous avez allégé le mien. N’y a-t-il donc rien que je puisse faire ?

    Je sais bien que les sentiments ne se contrôlent pas. Je ne veux point vous faire espérer, Raffaela. Je ne veux que votre bonheur, mais je ne pense pas pouvoir en être la source. Je ne saurai qu’être une source de malheur constant. Je ne suis pas un homme fiable, malheureusement, et votre cousin Francesco en attestera.

    Sachez que je ne vous déserte pas, Raffaela. Je ne souhaite simplement pas vous blesser par ma présence. Cependant, si vous pouvez me supporter près de vous, je viendrai vous voir à votre chevet. J’ai ouï-dire que vous étiez toujours au Palazzo Serpente pour soigner vos blessures. Je n’ose venir vous voir à vrai dire, mais si vous voulez bien accepter ma présence, si vous voulez bien la tolérer, je viendrai le plus rapidement possible. Je viendrai dès votre lettre reçue.

    Ne me donnez pas tant d’importance, car je suis un homme sans importance.

    PS : Je ne connais pas votre frère, sauf s’il est le détenteur d’un certain bordel que je ne nommerai pas.



    Votre ami tout aussi maladroit,
    Vincenzo Leone.

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MessageSujet: Re: A l'attention de Vincenzo Leone.   Ven 24 Juin - 8:04

    Le 13 Juin, fait au Palazzo Serpente
    Cher Vincenzo,

    Je le crains, je le crains plus que tout au monde, car même le Seigneur est impuissant face à Lui. Car je ne peux qu'essayer de lutter contre en sachant pertinemment que jamais je ne pourrais m'en défaire: c'est mon Vice Dévorant et ma Croix, comme chacun de notre famille porte en son sein la souffrance du Dominio: un grand pouvoir pour une douloureuse contrepartie. Certains, comme mon frère Giovanni, s'y livrent à en abandonner tout, d'autres, comme moi, s'inhibent et s'en blessent.

    Je suis prisonnière d'Il Muro autant que ses détenus, et j'aimerai autant y faire pénitence. oui, cher ami, c'est pour cette raison même que je ne me lie pas avec les autres: j'aurai trop peur de leur nuire. Je ne veux faire du mal à personne, vous savez. Et le dégoût de la vie ou de moi-même n'a pas encore achevé mon envie de lutter contre cela. Mais je ne suis pas une femme aussi vertueuse que je voudrai: ainsi que ne peux laisser personne avoir confiance en moi. mais avec vous, c'est différent. J''ai confiance en vous et quand vous êtes là, mon Vice me taraude moins. Parce que je pense à Vous, et pas à Lui.

    J'aimerai qu'il y ai quelque chose à faire. En attendant, votre amitié est mon bouclier.
    Vous êtes si gentil, Vincenzo.

    Vos histoires avec mon cher cousin sont ce qu'elles sont. L'on ne peut affirmer qu'une personne est malfaisante car elle est simplement humaine. Nous faisons tous des erreurs, des choix malheureux ou des cruautés. Car nous ne sommes que des humains, et que le bonheur n'est pas une donnée facile à obtenir. Pour personne, vous savez.

    C'est votre absence qui me blesse, bien que je la comprenne parfaitement. L'idée de me revoir peut vous effrayer ou vous gêner, tout comme moi, je vous le confesse. Mais je veux vous revoir. Tellement. Parce que je ne vous considère pas comme un problème. je veux encore rire avec vous, retrouver votre délicatesse et nos confessions. Parce que, à Murano, vous m'avez fais confiance. j'ai envie de vous revoir. J'ai besoin de vous revoir. Et même si vous pensez que les choses ont changés, elles restent d'un côté les mêmes.

    Mais Vincenzo, surtout, ne croyez pas que votre souvenir me gêne.

    Je me souviens également que vous discutiez avec un homme juste avant l'incendie: je suis presque sûre qu'il s'agit de mon cousin Leandro. Si vous savez des choses sur cet homme, pourriez vous me les dire?

    PS: Nous parlons bien du même tenancier de la Casa delle Ragazze.
    Dieu ai pitié de son âme pervertie.


    Que le Seigneur vous garde en ses mains,
    Votre amie,
    Raffaela Sergia Serpente.

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MessageSujet: Re: A l'attention de Vincenzo Leone.   Mar 28 Juin - 10:04

    Le 14 juin, à Belmonte



    Chère Raffaela,


    Vous êtes telle que vous êtes, et n’êtes nullement responsable de ce vice qui vous a été imposé. Si vous ne pouvez le combattre, si vous ne pouvez rien y faire, il n’y a pas de raison de vous flageller de la sorte. Car selon ce que je vois, ce que je perçois de vous, vous avez tout fait pour combattre ce vice qui vous dévore. Et si ma présence peut vous aider à alléger ce poids, je viendrai vous tenir compagnie aussi souvent que je le peux.

    A vrai dire, j’ai peur d’être gêné en votre présence, de vous blesser même. Je ne veux pas meurtrir votre cœur plus que je ne l’ai fait. Ceci dit, vous me rassurez. J’envoie cette missive de par un messager qui vous la portera rapidement. Je pense venir vous voir plus tard dans l’après-midi, à votre chevet. Si j’écris cette lettre, c’est surtout par rapport à votre question posée.

    L’homme avec qui je discutais n’était autre que mon esclave, Baldo. Je ne saurais vous dire s’il se prénomme réellement Léandro. Sachez cependant que je me suis défait de cet esclave et qu’il court librement dans la nature à présent. Je ne pourrais donc vous renseigner davantage sur sa situation actuelle. J’en suis navré.

    Je viendrai donc vous voir au Palazzo d’ici quelques heures. M’attendrez-vous, Raffaela ? Si je ne vous y trouve pas, ou si les portes resteront fermées, je ne serai pas offensé.


    Votre tendre ami,
    Vincenzo Leone.

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MessageSujet: Re: A l'attention de Vincenzo Leone.   Mar 28 Juin - 12:13

    Le 14 Juin, fait au Palazzo Serpente
    Cher Vincenzo,

    Je pense surtout qu'il est temps que je cesse de me plaindre: rien n'est plus ennuyeux qu'une femme qui se plaint, ou peut-être une femme ennuyeuse qui se plaint. Cependant, je lutte car il faut lutter: je ne veux pas devenir une criminelle. Je suis heureuse que vous veniez me voir, pour quelque raison que ce soit.

    Venez, je vous attendrai. Et si vous êtes gêné, je ferai de mon mieux pour vous tranquilliser. mais je ne serai pas blessée, rassurez-vous. Je ne veux pas que vous vous tourmentiez à mon sujet. Concernant les autres je n'en puis rien, mais s'il s'agit de moi, je ne veux pas.

    Je suis forte aise que vous ayez libéré ce Baldo. Vicentini d'après mes recherches. Ayant une bonne mémoire (ou étant simplement rancunière de nature), j'ai quelque comptes à régler avec ce grossier personnage, cousin ou pas, et j'aurai surement eut des ennuis avec vous s'il avait encore été sous votre égide. Je finirai par le retrouver, par savoir si oui ou non il est mon cousin Leandro, et lui faire payer le prix de sa goujaterie à mon égard.

    Je vous attendrai, comme je vous attend toujours. Mes portes vous seront toujours ouvertes.
    Et je suis impatiente.

    Que le Seigneur vous garde en ses mains,
    Votre amie,
    Raffaela Sergia Serpente.

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